Un samedi soir à l’opéra…

Alors que Coco et moi profitions goulûment des festins de fin d’année, nous avons reçu une invitation pour le moins inhabituelle sur l’adresse mail du blog. Laquelle ? Celle d’assister à la nouvelle production du troisième opéra de Pascal Dusapin, intitulé « To Be Sung ». Si vous n’êtes pas familier avec l’opéra contemporain, ou même avec l’opéra tout court, ce nom ne vous évoquera probablement rien. En revanche, si cet univers vous intéresse un tant soit peu, vous ne pouvez être passé à côté de son nom. Dusapin, c’est un peu le Madonna de l’opéra contemporain, et beaucoup lui voue un culte certain.

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Dusapin a étudié au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris où il a côtoyé, dans les années septante, d’autres pointures de la musique contemporaine comme Messiaen. Par la suite, il a rapidement su accumuler les prix et les récompenses : Chevalier des Arts et des Lettres (1992), Prix de l’Académie des Beaux-Arts (1993), Victoire de la musique (1998), Prix de composition musicale Cino Del Duca (2005), et j’en passe, et j’en passe…

Un ponte, je vous dis. Une reconnaissance surfaite ? Mes connaissances superficielles  –  voire inexistantes – dans le domaine de la musique contemporaine m’empêcheraient de vous donner un avis objectif. En revanche, quand j’ai reçu le mail de La Monnaie, j’ai sauté sur l’occasion, à la fois pour découvrir ce pendant musical jusque là inconnu, mais aussi pour vous livrer l’expérience que j’en ai faite. Et pourquoi pas – tant qu’on y est – pour vous donner un peu envie de découvrir cet univers…

La représentation se déroule au Studio 4 de Flagey. C’est visiblement la soirée des premières fois, puisque je découvre avec de grands yeux ronds la beauté de ce lieu. Nous sommes au dernier jour de représentation, et pourtant ce soir encore, ils font salle comble. Sur scène, tout se joue derrière une sorte de voile énorme et translucide. Dans le but de donner une dimension onirique à ce que nous regardons ? Peut-être.

Pour être tout à fait honnête avec vous, je devrais vous avouer être partie avec un a priori négatif. J’avais toujours imaginé l’opéra contemporain comme quelque chose d’ennuyeux, d’inaudible et en même temps d’atrocement vide de sens, où les compositeurs se cachent derrière de grands préceptes sans y croire véritablement. Un jugement superficiel et fait à l’emporte pièce ? Probablement. Quelle agréable surprise, en tout cas, que celle de cette soirée !

J’ai vécu « To be sung » comme une expérience sensorielle. L’histoire ? Difficile à dire. Comme tout opéra/théâtre contemporain qui se respecte, il n’existe pas de trame narrative limpide que l’on nous sert sur un plateau d’argent et à laquelle on a juste besoin de croire. Il s’agit davantage d’un jeu de piste dans lequel le spectateur tente de décrypter les messages subliminaux. Selon moi, dans « To Be Sung », tout est question de sexe et de relation entre hommes et femmes. De l’incompréhension des désirs de l’autre. Était-ce là, la volonté de Gertrude Stein, auteure du texte ?

Christophe Coppens Impression 8

Pour vous donner une idée des costumes…

Nous ne le saurons probablement jamais. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’une expérience qui mêle jeux de sons, et jeux d’image. Et puis surtout, de jeux sur le langage.
Cela se ressent d’autant plus lorsqu’on se penche sur le texte en anglais. Gertrude Stein prend plaisir à nous piéger dans une suite d’assonances, d’allitérations, de jeux de mots en tout genre, de double sens, sans le moindre signe de ponctuation pour nous guider.
Visuellement et musicalement, c’est une immersion totale à laquelle nous invitent compositeur, chanteurs, musiciens, metteur en scène. On se prend au jeu, on rentre dans un autre univers, on se retrouve pratiquement hypnotisés par cette musique entêtante, répétitive – sans pour autant être agressive –, et par ces costumes extravagants. La musique purement instrumentale est finalement peu présente et l’ensemble musical assez restreint : quelques instruments à corde et quelques vents tout au plus. Juste ce qu’il fallait pour convaincre la novice que je suis. Si je retournerai voir un opéra contemporain ? Pourquoi pas… Et pourquoi ne pas vous joindre à moi ?

Expérimentalement vôtre,

Charlie

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